« Nous sommes tous de passage, sauf quelques-uns qui veillent encore et toujours »
Un capitaine intemporel et blessé repêche des noyés pour en faire l’équipage hors norme de L’Etselec, un vaisseau destiné à embarquer à son bord des humains, et à les mener jusqu’au bord du monde. Là où les attend une autre part d’eux-mêmes.
Un navire, une coque fragile sur laquelle s’embarque le public, passager élu pour une destination inconnue. A l’intérieur, un équipage qui s’apostrophe et dérape au milieu de ce semblant de quotidien pour mieux révéler la face cachée de ce voyage : le visage des clandestins.
Plus ou moins tolérés, cachés, recherchés, ceux-là ne viennent pas d’une terre lointaine, mais d’une terre toute proche enfouie au plus profond de chacun. Ce sont les clandestins qui hantent nos âmes : Ces proches disparus, ces ancêtres oubliés, cet enfant qu’on était, cet ange qui veille…Tous ici réunis auprès des vivants.
Des vivants qui, le temps d’un voyage, retirés du monde, bercés par une mer magnanime, touchent du bout des doigts ce peuple d’êtres éthérés venu leur apporter une petite part d’éternité.
Bien loin de l’imagerie folklorique liée aux histoires de vaisseaux fantômes,
« Les Passagers » s’attache à continuer cette quête de l’intime menée depuis ses débuts par La Valise.
A partir du texte « Le bord du monde », nous avons voulu emmener le public vers une rencontre avec ses clandestins, ces « revenants » inscrits au plus profond de chacun.
Une quête de l’intime, une reconnaissance de ceux qui ont laissé notre mémoire béante, de la longue lignée des humains qui nous ont précédés et de ceux qui suivront.
Un apaisement peut-être, le temps d’un voyage, d’une valse à l’intérieur de soi. Au sein de ce navire trimballant le monde, dans les craquements de la coque, les notes mêlées au bruit des flots, les rires, ouvrir les écoutilles, oublier les naufrages, et revenir à la surface, à la terre ferme, sous l’œil d’un équipage devenu passeur d’humains.
Télécharger Le bord du monde ici
Une coque de bateau sur laquelle s’embarque le public, et des sas tout autour figurant les cabines de l’équipage situées dans le ventre du bateau.
C’est là que se dérouleront les micro-spectacles,
C’est ici que le public, divisé en petits groupes
sera amené à découvrir les mondes intérieurs de l’équipage.
Un public parfois laissé seul face à lui-même (ou à d’autres lui-même)
dans des sas aménagés en « Chuchotoir », « Salle du Grand registre des Autres », « Boudoir aux mille regards »…
Au cours de voyage, un homme au visage bandé, un autre au regard tranché, une femme aux yeux clairs, s’approchent, posent leur main sur l’épaule d’un spectateur, chuchotent à son oreille, l’entraînent à part.
Ce sont Nathanaël Thelmaief, Ina Fets, Naejim Tubrocs, le doc Owid et Segna.

Un équipage avec ses liens d’amitié, d’inimitié, ses folies, ses rêveries autour d’un monde qu’ils ont perdu.
« Nous sommes tombés, un jour. Moi, les autres. De très haut ou du très bas, emportés. Passés par dessus bord, par un coup de vent malheureux, le regard d’une autre, une rafale, une balle perdue. Nous étions seuls alors et rien ne pouvait nous retenir de tomber. Une chute vertigineuse, une chute à vous brûler les ailes, une chute à vous envoyer au plus profond de la mer. Cette douce mer, mer vorace qui retient à tout jamais ceux qui s’égarent dans sa bulle.
Et pourtant nous voilà revenus, repêchés, équipés, nous les éternels noyés, nous les sans rien.
Nous voilà ramenés auprès des humains. »
Un équipage et son Capitaine Ekim Piaf, condamnés à une mission salvatrice auprès de leur passager : le spectateur, cet autre Humain venu s’embarquer à leurs côtés.
Mise en scène et texte
Natacha Diet
Interprètes (comédiens, circassiens)
Jean-Michel Bernard
Fabien Bondil
Agnès Briatte
Laurent Diwo
Stéphanie Martin
Mikhaïl Mercadié
Scénographie - Construction
Olivier Benoît
Laurent Diwo
Création Bande son
Gabriel Fabing
Régie générale et son
David Gallaire
Création et régie lumière
Gilles de Metz
« Le bord du monde » disséqué, remanié en parties dialoguées, en voix off, sous forme de carnets de bord, par projections d’images, par la marionnette, la danse, la corde, de nouveaux agrès pour circassiens ainsi qu’une création sonore originale.
Une alternance de scènes de groupe et de micro-spectacles intimes.
Un récit de base distordu, pour déplacer le focus sur l’équipage et l’enrichir par les histoires de chacun de ses membres, passer des aventures du cuisinier de bord collectionneur de bouteilles à la mer, à la mélancolie d’un capitaine devenu harponneur d’humains. Déclencher une tempête, ouvrir une brèche dans la carapace de cet équipage, et en profiter pour aller, auprès des spectateurs, mener une rencontre plus souterraine ou sous marine.
Représentations sous notre chapiteau
Jauge : 100 personnes
Durée : 1H – 1H15
Possibilité de jouer 2 représentations par jour
A partir de 8 ans